25 juin 2009
The shareef don't like it Rockin' the Casbah Rock the Casbah
Le Tigre, c'était un bar-discothèque dans la grande ville tentaculaire où j'étais étudiante. Enfin, c'était bien plus qu'un bar, c'était un endroit qu'on fréquente comme un emblème.
Déjà, ça s'appelait Le Tigre, parce que c'était situé Boulevard Clémenceau. Rien que ça, ça en faisait un endroit à part. Un jour quelqu'un s'est demandé comment appeler ce troquet sur le boulevard Clémenceau, et il a choisi Le Tigre, rapport que c'était le surnom de Clémenceau, hein, d'accord, vous aviez suivi... Je veux dire il aurait pu de choisir le Sweet Night ou le Xénon. Mais non, il s'est creusé les méninges pendant 2minutes et a trouvé ce nom qui est quand même EN SOI un nom de troquet GENIAL. Et après il y a collé un énorme Tigre en papier maché sur la devanture. Tu comprends, le Tigre=clémenceau et le tigre l'animal ... Quand même par rapport à une boîte qu'il appellerait le Macumba, par exemple...
Ensuite, c'était pas la boîte de tout le monde, c'était franchement Rock. On écoutait plus les Breeders que des remix de Claude François et pas une fois, non pas une fois, je n'ai entendu les Spice Girls (I tell you what I want, what I really want). Personnellement, ce n'était pas vraiment ça qu m'attirait parce que je peux danser sur à peu près n'importe quoi. En revanche, c'est agréable quand on est une fille de pouvoir aller en boîte sans décolté, sans mini-jupe, sans talons et sans se sentir comme une amish dans une revue du Moulin Rouge.
Et c'est dans cet endroit mythique que j'ai présenté Bob à Jojo Pierrafeu. Tu sais bien Zamilecteur, au début d'une relation, tu présentes ton Jules à tes pôtes en espérant qu'ils s'entendent bien qu'ils ne finissent pas par de battre sur le parking de Stock (vous vous souvenez des supermarchés Stock ???)
Jojo Pierrafeu était de passage dans ma grande ville tentaculaire et on avait prévu de sortir au Tigre donc.
Bob, Jojo, Jojo, Bob, bonjour, bonjour.
Jusque là tout va bien.
Et après Jojo s'est endormi.
Au Tigre.
La tête à vingt centimètres d'une enceinte.
Il n'était même pas saoul.
Alors que la fois où il s'est endormi dans la neige, si.
Et, ce bar maintenant, il s'appelle le Soft Lounge à la con. Alors oui, ça fait bizarre.
(attention, ça va être du lourd !)
A 25 ans tu te jettes dans le grand bain et tu commences à nager. Au bout d'un moment, les choses de la rive que tu viens de quitter deviennent de plus en plus floues (les cafés changent de noms, les jeunes écoutent des trucs que tu ne connais pas, et s'habillent comme des zazous, il faut que tu sois couché à 22 heures, sinon tu es fatigué pendant quatorze ans).
Et tu nages, tu nages, tu ne sais même pas trop où tu vas. Il paraît qu'il y a une rive de l'autre côté mais tu ne la discerne pas. Tu ne peux plus faire demi-tour à cause du courant et aussi à cause du radeau que tu traînes derrière toi (dans le radeau, il y a des enfants et une maison, la vache ! c'est lourd !)
Et là, tu apprends à la radio qu'en fait la rive de l'autre côté a été repoussée. Et plus tu nages, et plus on repousse la rive. Tu nages trois kilomètres, on repousse la rive de six !
Putain des fois c'est fatiguant de nager comme ça, comme des cons.
Sinon, moi ça va.
J'ai une patate.