26 juin 2008
Gougère à la sauge et aux pignons (suite)
Tous les vendredi soir c'était donc diner chez les jeunes vieux avec Boule, son frère et quelques autres. A part les deux époux, nous étions tous étudiants, et nos hôtes jouaient au Papa et à la Maman avec nous. Ils nous demandaient les résultats de nos partiels et nous prodiguaient des conseils sur notre vie amoureuse, certains amenaient même leur linge sale ! (je vous jure que c'est vrai). Et Papa et Maman nous recevaient tout en étalant leur bonheur conjugal : Madame préparait le diner à la cuisine pendant que Monsieur buvait l'apéro vautré sur le canapé : la félicité domestique.
La première fois donc que j'ai participé à un de ces diners hebdomadaires, comme une bonne gamine que je suis, je suis allée proposer mes services à Bobonne à la cuisine. Style : "tu as besoin d'aide ?", il me semble que dans cette situation, une maîtresse de maison digne de ce nom répond : "non, non t'inquiéte, va au salon boire l'apéro j'en ai pour une seconde", ou alors "non prends donc un Ferrerro rocher" si c'est une réception de l'ambassadeur. Bon bin là elle m'a dit : "oui je veux bien que tu fasses une béchamel".
MMMERRRRDDEEEE !!!! La mouise !! J'ai donc été obligée d'avouer à Pouffiasse que, non seulement je ne savais pas faire la béchamel mais j'ignorais même jusqu'à l'existence de la béchamel.
Je vous épargnerai la description des quelques minutes qui ont suivi qui ont été parmi les plus humiliantes de ma vie. Déjà, j'ai du lui expliquer que non Mamakejem n'était pas la mère irresponsable et démissionnaire qu'elle me décrivait. ("t'arrête de dire du mal de ma mère sinon je balance dans les toilettes ton bouquet de mariage séché qui trône au dessus de ta télé" c'est ça que j'aurai du lui dire.) Ensuite, elle m'a raconté comment elle avait rencontré l'autre abruti, comment il l'a demandée en mariage et surtout comment avant même qu'elle rencontre sa future belle-mère, celle-ci a demandé à son fiston "j'espère qu'elle sait faire la cuisine ?". J'imagine qu'avant le mariage elle a du passer toute une série de test pour vérifier qu'elle savait passer l'aspirateur et repasser les chemises et qu'elle n'était pas stérile. Toutes ces choses dont une maman se soucie avant de choisir sa future bru.
Enfin à toute chose malheur est bon, et maintenant je sais faire la béchamel (de vous à moi, elle ne m'a même pas fait mettre de muscade dans sa béchamel ... alors excusez-moi mais c'est pas la peine de la ramener avec ses talents de cuisinière pour pas mettre de muscade dans la béchamel ...).
Après cette soirée, on m'a moins vue chez l'ambassadeur. Parce qu'entre temps, une épicerie italienne avait ouvert à côté de chez Papakejem et Mamankejem et le vendredi du coup, c'était pizza à la maison. Et puis Mamankejem aussi, elle me lavait mon linge.
Allez trêve de discutailles : je vous donne un TRUC pour toute les préparations pour lesquelles on doit faire fondre du beurre. L'idée est venue d'une recette de Jamie Oliver : le beurre à la sauge.
Vous faites fondre du beurre et quand il commence à chanter vous y ajoutez quelques feuilles de sauge ciselées. La sauge va alors très rapidement infuser dans le beurre. Très simplement vous pouvez utiliser ce beurre pour parfumer des pâtes (il s'agit d'une version un peu plus sophistiquée de mes nouilles au beurre), des gnocchis (c'est ce que fait Jamie).
Et en procédant de la même façon, vous pouvez parfumer la béchamel (mais pas de blague, hein, on met quand même de la muscade !)
Gougères à la sauge et aux pignons : il y a moultes recettes de gougères sur le waibe par exemple là. Vous ajoutez simplement quelques feuilles de sauge dans le beurre qui chante avant d'ajouter la farine. Vous faites griller 80-100 g de pignons puis vous les hacher grossièrement ("saloperie de pignons à la con" marche assez bien) Puis vous les ajouter à la pâte à gougère après les oeufs. Et hop !
25 juin 2008
Gougères à la sauge et aux pignons et ma première béchamel
Vous savez donc maintenant vous qui êtes attentifs à ce que je raconte (c'est pas comme Bob mais enfin bon on n'est pas là pour régler nos comptes, hein, d'autant que Bob écoute toujours ce que je dis sinon je le tape), vous savez donc que jusqu'à 20 ans, je ne cuisinais rien ou presque. Je me rendais bien compte qu'il y avait un autre monde où la cuisine ne se résumait pas aux nouilles au beurre, mais c'était un monde inaccessible.
Il y avait Joël Robuchon à la télé, mais le générique et les couleurs du plateau inspiré directement d'un emballage de gel à cheveux de 1987 me donnait plus envie de vomir que de me lancer dans la grande cuisine. Je tiens à signaler ici qu'on était déjà dans les années 90 à l'époque !
Un jour j'ai vécu une expérience incroyable, chez ma copine Karo. Sa soeur a fait des moules marinières. Un vaisseau spatial aurait atterri dans le jardin et E.T. serait descendu en me disant que j'étais le messie de son peuple à l'autre bout de l'univers, je n'aurais pas été plus subjuguée. La vache ! des moules marinières !!! Depuis, je fais aussi les moules marinières et je me dis qu'être le messie d'un peuple extra terrestre ça doit être pas mal non plus. hein ? quand même ? ça le fait, non ? messie ... de yien ...
Enfin bref, un jour, j'ai commencé à fréquenter un garçon, comme aurait dit ma chère petite Grand-Mère. Nous allons appeler ce garçon Boule, bien qu'à ma connaissance il n'ait jamais eu de Cocker. Boule était plus âgé que moi, bon ce n'est pas non plus comme s'il avait pu être le père de Rika Zaraï : j'avais 20 ans, il en avait 24.
Quand on fréquente quelqu'un, on est plus ou moins obligé de faire copain-copain avec ses amis (sauf avec Bob qui n'a pas d'amis).
Ce n'est pas le cas pour tous les jeunes de 20 ans, mais mes 20 ans à moi ont consisté en :
- faire
la fêtedes études, - travailler le minimum pour réussir mes études afin que Papakejem et Mamankejem n'aient pas à mentir quand ils parlaient de moi à leurs amis : "oui alors en fait Tobette, elle aurait pu rentrer à polytechnique mais elle a préféré faire son DEUG en 5 ans à la place",
boire des canonsrencontrer des gens,- répondre à des questions existentielles comme : "à quoi je sers ?", "qu'est-ce que je vais faire de ma vie ?", "est-ce que je vais en cours ce matin ?", "où peut-on trouver les bières les moins chères de la ville ?" et enfin : "y aura-t-il des frites au RU ce midi ?"
- et aussi m'assurer qu'il y avait bien des nouilles dans le placard pour Kirikou.
A 20 ans, j'étais pleine d'illusions, je voulais :
- lutter pour la paix dans le monde,
- voyager dans le monde entier,
- aider les p'tits enfants,
- apprendre à lire au frère de Boule,
- apprendre à chanter à Papakejem.
Les amis de Boule avaient 24 ans, voire plus. Il y avait notamment ce couple, lui 28 ans, elle 24, mariés, tous les deux dans la vie active, vivant à quelques mètres du campus où ils avaient fait leurs études, où ils s'étaient rencontré, où lui travaillait et où ils se seraient peut-être mariés si le doyen avait été curé mais dans une fac de sciences, c'est rare. Ils habitaient un appartement avec plusieurs pièces et un chien. Et Boule était invité à dîner chez eux tous les vendredis soirs. Pas le jeudi, pas le mardi, le vendredi. Alors, pour le coup, j'étais chez les extra-terrestres et je n'étais pas le messie.
Cette fille avait été au lycée avec mon Bob, ils n'étaient pas amis, Bob il sentait un peu trop le fils d'ouvrier, toujours est-il que quelques jours après les résultats du Bac, ils se sont croisés sur le Campus de la fac et elle l'a présenté à sa mère avec ces mots : "Maman, je te présente Bob qui a eu le bac avec mention Bien". Bien sûr, je n'ai connu cette anecdote que des années plus tard mais elle illustre bien la personnalité de la pouffiasse et en plus je place discretos que Bob a eu son bac avec une mention Bien et ça, ça va lui faire plaisir (lui qui pensait que ce blog n'était qu'une perte de temps !!).
Enfin bref, leur vie était très bien réglée, ils étaient très attachés aux traditions et aux apparences. et moi encore aujourd'hui ça me passe au dessus, alors vous imaginez à l'époque ...!!
C'est tout le temps pareil, je commence un post en me disant, oh celui-là il va être court, juste l'histoire de ma première béchamel, la recette des gougères et c'est fini. Et je me retrouve à vous raconter des histoires d'extra-terrestre et à parler du bac de Bob (qu'il a eu avec mention Bien).
Il est tard maintenant alors je vais aller me coucher, promis je vous raconterai la suite demain.
Vous pouvez lire la suite de cette passionnante histoire ici.