15 août 2008
Je vous présente ma voisine, oh puis non je vous présente ma voiture ...
Aujourd'hui mes chers lecteurs, j'avais décidé de vous parler de ma voisine. Lui trouver un surnom va être chose facile, je n'ai que l'embarras du choix : vieille peau ou vieille bique feraient parfaitement l'affaire, mais je vais rester dans la simplicité et le bon goût et je vais l'appeler Vieille Connasse, parce que moi, je dis, à un moment, il faut arrêter la langue de bois et appeler un chat un chat.
Mais avant toute chose, je vais revenir sur mon post précédent et vous donner quelques explications. En effet, j'ai reçu des milliers (voire des millions) de questions et je me sens un peu obligé de vous répondre.
Non, je n'ai pas de Volvo.
Enfin, je n'ai plus de Volvo.
Mais c'était ma première voiture : une Volvo 740 GLE Diesel. La même que sur la photo mais en gris métallisé. Le même mois, j'ai eu mon bac et mon permis, et mes parents m'ont donné leur vieille Volvo. C'était en 1993, mes parents avaient acheté cette voiture neuve en 1981 !! Je leur suis infiniment reconnaissante, d'autant que 3 semaines plus tard je faisais un tête-à-queue sur une route de campagne en bidouillant l'auto-radio dans un virage. Au volant d'une Twingo, je pense que mon inadvertance m'aurait coûté au mieux quelques tonneaux. Mais au volant de mon char d'assaut, j'ai juste eu droit à une grosse, grosse, très grosse frayeur.
Je vous parle d'un temps où il existait des diesels pas turbo. Et c'était le cas de ma Volvo. Elle était franchement poussive, à tel point que parfois dans les montées on avait envie de descendre pour la pousser justement. Elle était dans un état épouvantable ou presque. Comme une voiture de 12 ans et de 350 000 km, je suppose. Rayée, bosselée, elle avait aussi perdu le pommeau du levier de vitesse au tout début des années 90, la porte de la boîte à gant était aussi morte et était maintenue fermée par un élégant enchevêtrement de morceaux de chatterton. La fenêtre avant-avant droite faisait un délicieux gargouillis à la descente puis à la remontée (clic blog clic pouick blig blouck ploc) jusqu'au jour où elle n'est plus remontée du tout. Mais surtout, elle était énorme et franchement confortable, on pouvait partir en soirée tranquille mimille avec les sacs de couchage dans le coffre, faire la fête et dormir dans la voiture jusqu'au moment où les brumes éthyliques évaporées, on se souvenait à nouveau de notre nom de famille. C'est d'ailleurs au cours d'une de ces soirées que Kirikou n'a pas vomi dans ma Volvo ! Ce matin-là, il est devenu mon ami pour toujours. J'aurais sans doute eu du mal à expliquer à Papakejem et Mamankejem que l'odeur de vomi d'ivrogne dans la voiture était le résultat d'une expérience de chimie orga malheureuse. Je ne pense pas qu'ils ne se faisaient pas beaucoup d'illusions sur ce à quoi j'occupais mes soirées mais au moins sans vomi dans la voiture, je pouvais continuer à leur faire croire que Karo et moi on travaillait très très dur, tous les soirs pour réussir dans la vie quand on serait grandes. J'ai encore bon espoir que ça arrive un jour, je veux dire, Karo et moi, on finira bien par grandir.
26 juin 2008
Gougère à la sauge et aux pignons (suite)
Tous les vendredi soir c'était donc diner chez les jeunes vieux avec Boule, son frère et quelques autres. A part les deux époux, nous étions tous étudiants, et nos hôtes jouaient au Papa et à la Maman avec nous. Ils nous demandaient les résultats de nos partiels et nous prodiguaient des conseils sur notre vie amoureuse, certains amenaient même leur linge sale ! (je vous jure que c'est vrai). Et Papa et Maman nous recevaient tout en étalant leur bonheur conjugal : Madame préparait le diner à la cuisine pendant que Monsieur buvait l'apéro vautré sur le canapé : la félicité domestique.
La première fois donc que j'ai participé à un de ces diners hebdomadaires, comme une bonne gamine que je suis, je suis allée proposer mes services à Bobonne à la cuisine. Style : "tu as besoin d'aide ?", il me semble que dans cette situation, une maîtresse de maison digne de ce nom répond : "non, non t'inquiéte, va au salon boire l'apéro j'en ai pour une seconde", ou alors "non prends donc un Ferrerro rocher" si c'est une réception de l'ambassadeur. Bon bin là elle m'a dit : "oui je veux bien que tu fasses une béchamel".
MMMERRRRDDEEEE !!!! La mouise !! J'ai donc été obligée d'avouer à Pouffiasse que, non seulement je ne savais pas faire la béchamel mais j'ignorais même jusqu'à l'existence de la béchamel.
Je vous épargnerai la description des quelques minutes qui ont suivi qui ont été parmi les plus humiliantes de ma vie. Déjà, j'ai du lui expliquer que non Mamakejem n'était pas la mère irresponsable et démissionnaire qu'elle me décrivait. ("t'arrête de dire du mal de ma mère sinon je balance dans les toilettes ton bouquet de mariage séché qui trône au dessus de ta télé" c'est ça que j'aurai du lui dire.) Ensuite, elle m'a raconté comment elle avait rencontré l'autre abruti, comment il l'a demandée en mariage et surtout comment avant même qu'elle rencontre sa future belle-mère, celle-ci a demandé à son fiston "j'espère qu'elle sait faire la cuisine ?". J'imagine qu'avant le mariage elle a du passer toute une série de test pour vérifier qu'elle savait passer l'aspirateur et repasser les chemises et qu'elle n'était pas stérile. Toutes ces choses dont une maman se soucie avant de choisir sa future bru.
Enfin à toute chose malheur est bon, et maintenant je sais faire la béchamel (de vous à moi, elle ne m'a même pas fait mettre de muscade dans sa béchamel ... alors excusez-moi mais c'est pas la peine de la ramener avec ses talents de cuisinière pour pas mettre de muscade dans la béchamel ...).
Après cette soirée, on m'a moins vue chez l'ambassadeur. Parce qu'entre temps, une épicerie italienne avait ouvert à côté de chez Papakejem et Mamankejem et le vendredi du coup, c'était pizza à la maison. Et puis Mamankejem aussi, elle me lavait mon linge.
Allez trêve de discutailles : je vous donne un TRUC pour toute les préparations pour lesquelles on doit faire fondre du beurre. L'idée est venue d'une recette de Jamie Oliver : le beurre à la sauge.
Vous faites fondre du beurre et quand il commence à chanter vous y ajoutez quelques feuilles de sauge ciselées. La sauge va alors très rapidement infuser dans le beurre. Très simplement vous pouvez utiliser ce beurre pour parfumer des pâtes (il s'agit d'une version un peu plus sophistiquée de mes nouilles au beurre), des gnocchis (c'est ce que fait Jamie).
Et en procédant de la même façon, vous pouvez parfumer la béchamel (mais pas de blague, hein, on met quand même de la muscade !)
Gougères à la sauge et aux pignons : il y a moultes recettes de gougères sur le waibe par exemple là. Vous ajoutez simplement quelques feuilles de sauge dans le beurre qui chante avant d'ajouter la farine. Vous faites griller 80-100 g de pignons puis vous les hacher grossièrement ("saloperie de pignons à la con" marche assez bien) Puis vous les ajouter à la pâte à gougère après les oeufs. Et hop !
25 juin 2008
Gougères à la sauge et aux pignons et ma première béchamel
Vous savez donc maintenant vous qui êtes attentifs à ce que je raconte (c'est pas comme Bob mais enfin bon on n'est pas là pour régler nos comptes, hein, d'autant que Bob écoute toujours ce que je dis sinon je le tape), vous savez donc que jusqu'à 20 ans, je ne cuisinais rien ou presque. Je me rendais bien compte qu'il y avait un autre monde où la cuisine ne se résumait pas aux nouilles au beurre, mais c'était un monde inaccessible.
Il y avait Joël Robuchon à la télé, mais le générique et les couleurs du plateau inspiré directement d'un emballage de gel à cheveux de 1987 me donnait plus envie de vomir que de me lancer dans la grande cuisine. Je tiens à signaler ici qu'on était déjà dans les années 90 à l'époque !
Un jour j'ai vécu une expérience incroyable, chez ma copine Karo. Sa soeur a fait des moules marinières. Un vaisseau spatial aurait atterri dans le jardin et E.T. serait descendu en me disant que j'étais le messie de son peuple à l'autre bout de l'univers, je n'aurais pas été plus subjuguée. La vache ! des moules marinières !!! Depuis, je fais aussi les moules marinières et je me dis qu'être le messie d'un peuple extra terrestre ça doit être pas mal non plus. hein ? quand même ? ça le fait, non ? messie ... de yien ...
Enfin bref, un jour, j'ai commencé à fréquenter un garçon, comme aurait dit ma chère petite Grand-Mère. Nous allons appeler ce garçon Boule, bien qu'à ma connaissance il n'ait jamais eu de Cocker. Boule était plus âgé que moi, bon ce n'est pas non plus comme s'il avait pu être le père de Rika Zaraï : j'avais 20 ans, il en avait 24.
Quand on fréquente quelqu'un, on est plus ou moins obligé de faire copain-copain avec ses amis (sauf avec Bob qui n'a pas d'amis).
Ce n'est pas le cas pour tous les jeunes de 20 ans, mais mes 20 ans à moi ont consisté en :
- faire
la fêtedes études, - travailler le minimum pour réussir mes études afin que Papakejem et Mamankejem n'aient pas à mentir quand ils parlaient de moi à leurs amis : "oui alors en fait Tobette, elle aurait pu rentrer à polytechnique mais elle a préféré faire son DEUG en 5 ans à la place",
boire des canonsrencontrer des gens,- répondre à des questions existentielles comme : "à quoi je sers ?", "qu'est-ce que je vais faire de ma vie ?", "est-ce que je vais en cours ce matin ?", "où peut-on trouver les bières les moins chères de la ville ?" et enfin : "y aura-t-il des frites au RU ce midi ?"
- et aussi m'assurer qu'il y avait bien des nouilles dans le placard pour Kirikou.
A 20 ans, j'étais pleine d'illusions, je voulais :
- lutter pour la paix dans le monde,
- voyager dans le monde entier,
- aider les p'tits enfants,
- apprendre à lire au frère de Boule,
- apprendre à chanter à Papakejem.
Les amis de Boule avaient 24 ans, voire plus. Il y avait notamment ce couple, lui 28 ans, elle 24, mariés, tous les deux dans la vie active, vivant à quelques mètres du campus où ils avaient fait leurs études, où ils s'étaient rencontré, où lui travaillait et où ils se seraient peut-être mariés si le doyen avait été curé mais dans une fac de sciences, c'est rare. Ils habitaient un appartement avec plusieurs pièces et un chien. Et Boule était invité à dîner chez eux tous les vendredis soirs. Pas le jeudi, pas le mardi, le vendredi. Alors, pour le coup, j'étais chez les extra-terrestres et je n'étais pas le messie.
Cette fille avait été au lycée avec mon Bob, ils n'étaient pas amis, Bob il sentait un peu trop le fils d'ouvrier, toujours est-il que quelques jours après les résultats du Bac, ils se sont croisés sur le Campus de la fac et elle l'a présenté à sa mère avec ces mots : "Maman, je te présente Bob qui a eu le bac avec mention Bien". Bien sûr, je n'ai connu cette anecdote que des années plus tard mais elle illustre bien la personnalité de la pouffiasse et en plus je place discretos que Bob a eu son bac avec une mention Bien et ça, ça va lui faire plaisir (lui qui pensait que ce blog n'était qu'une perte de temps !!).
Enfin bref, leur vie était très bien réglée, ils étaient très attachés aux traditions et aux apparences. et moi encore aujourd'hui ça me passe au dessus, alors vous imaginez à l'époque ...!!
C'est tout le temps pareil, je commence un post en me disant, oh celui-là il va être court, juste l'histoire de ma première béchamel, la recette des gougères et c'est fini. Et je me retrouve à vous raconter des histoires d'extra-terrestre et à parler du bac de Bob (qu'il a eu avec mention Bien).
Il est tard maintenant alors je vais aller me coucher, promis je vous raconterai la suite demain.
Vous pouvez lire la suite de cette passionnante histoire ici.
19 juin 2008
Punch de Trinidad : citron vert et muscade
Je dois tout à mes parents. D'ailleurs, le jour où je gagnerai l'Oscar de la meilleure actrice pour ma performance dans un Blockbuster, c'est exactement ce que je dirai :"il y a tant de gens que je dois remercier pour ce qui m'arrive aujourd'hui mais surtout surtout je veux remercier mes parents ! Mum, Dad I love you !". (je suis embêtée pour aller chercher cet Oscar parce que je déteste prendre l'avion, je me demande s'ils ne voudraient exceptionnellement déplacer la cérémonie à Paris, ou peut-être même à Meaux parce que je n'aime pas non plus prendre le RER le soir).
Vous allez me dire "pourquoi un oscar, pourquoi pas un césar ?". Franchement tout le monde s'en cogne des césars. Moi je veux la gloire la vraie, celle qui vous fait habiter à Malibu et fréquenter Gwyneth Paltrow (d'ici là il va falloir que je découvre comment on prononce son nom). Et pour rendre mon Oscar encore plus retentissant, je commence à dire à la première occasion, que non, les américains n'ont pas inventé le hamburger, non les américains n'ont pas gagné la seconde guerre mondiale, les américains n'ont pas découvert l'Amérique, franchement de vous à moi je me demande même si les américains existent.
Enfin bref ...
Je dois donc tout à mes parents; ils m'ont appris les bonnes manières, l'auto-dérision, et ils m'ont aussi munie d'une bonne dose d'esprit critique. (Mamankejem a aussi à une époque essayé de m'apprendre les secrets du ménage, mais c'était trop tard : conseil aux mamans qui me lisent, il faut apprendre d'abord le ménage et seulement après l'esprit critique sinon c'est difficile et parfois, la mayonnaise ne prend pas).
En revanche en ce qui concerne la cuisine : nada. A l'heure où les petites filles apprennent les recettes que leur mères tiennent de leur mère, moi je regardais Récré A2.
Et un jour, j'ai eu assez de ce régime de boîtes de conserve et de plats cuisinés, alors j'ai décidé de quitter la maison de mes parents ! Comme çà ! La fille rebelle quoi ! il se trouve que cette période correspond opportunément à l'époque où j'ai eu mon bac et où mes parents m'ont payé des études dans la grande ville tentaculaire. Ca tombait bien.
Et pendant quelques années, j'ai vécu du seul plat que je savais cuisiner : les nouilles au beurre. En licence, je colocationnais avec un garçon que nous allons appeler Kirikou - pas parce qu'il est petit noir et qu'il a toujours le zizi à l'air, mais plutôt à cause des bêtes sauvages. Kirikou était en prépa, et je pense que sa réussite aux concours est en grande partie due à tous ces sucres lents qu'il a ingurgités pendant un an. Et d'ailleurs quand il sera Ministre de l'Agriculture, j'espère qu'il s'en souviendra et qu'il me filera le mérite agricole.
Toujours est-il qu'étudiante, je ne me suis pas lancée tout de suite à cuisiner des sangliers à la broche et des cookies aux M&M's. Il y a un temps pour tout dans la vie. Et quand on est étudiant, le plus important n'est pas de savoir faire à manger. C'est de savoir boire.
Voici donc un cocktail simplissime et délicieux. Et en plus très facile à retenir pour peu que vous causiez trois mots d'anglais :
one of sour
two of sweet
three of strong
four of weak
1 mesure de jus de citron vert
2 mesures de sirop de sucre
3 mesures de rhum blanc
4 mesures de glace pilée
La touche finale : vous râpez un peu de muscade sur le dessus.
15 juin 2008
Dans ma vie d'avant
Aujourd'hui un message sans aucun rapport avec la cuisine, mais c'est mon blog donc je fais ce que je veux.
Dans ma vie d'avant, je travaillais dans une grosse entreprise agro-alimentaire américaine.
Rentrer dans ce genre de boîte, c'est un peu comme rejoindre une secte (à la différence significative que là on est payé pour croire toutes les conneries qu'on nous raconte et non pas le contraire). Soudain, on vous impose :
- un langage qui ressemble à du français mais qui est légèrement différent, exemple, les salariés ne sont pas des salariés ou des collaborateurs mais des partenaires,
- des principes qui soutendent le sacro-saint "esprit d'entreprise" : "les cinq règles " : excellence, responsabilité, performance, partage, autonomie. Les principes sont sacrés et personne ne peut vraiment y déroger sans se voir attribuer 10 coups de fouets sur le parking. Mais à côté de ça, ils sont tellement bateau qu'on peut leur faire dire tout et son contraire, ce qui arrive d'ailleurs en permanence, exemple : au nom de la règle du partage, nous allons établir une relation à long terme avec nos fournisseurs car un bénéfice durable est un bénéfice partagé et parallèlement au nom de la règle de la performance, nous allons serrer le kiki de nos fournisseurs jusqu'à ce qu'ils en soient à licencier un tiers de leur personnel car là nous serons sûrs qu'ils ne peuvent vraiment plus baisser leur prix.
- des bureaux paysagers (il faut reconnaitre que les bureaux paysagers c'est pour tout le monde jusqu'au big boss), parce que les bureaux paysagers c'est vraiment idéal pour favoriser la communication entre partenaires (d'ailleurs à l'américaine, tout le monde se tutoie pour favoriser également la communication entre niveaux hiérarchiques). A mon avis, les bureaux paysagers, c'est surtout l'idéal pour faire des économies substantielles en espace de bureau et cela permets aussi de fliquer tranquillement tous les partenaires ! clever !
Et un souvenir m'est revenu à l'esprit en lisant le dernier post de l'éloge de la pipeautique .
Nous étions donc tous dans notre grand bureau paysager, les petits, les grands, les sous-fifres, les managers. et il y avait à un bureau près du mien une manageuse que pour les besoins de l'histoire, nous allons appeler Sylvie Testud (aucun rapport avec l'actrice mais bon il fallait bien que je trouve un nom). Sylvie Testud avait à l'époque une quarantaine d'années et était une de ses personnes dont les promotions successives ne pouvaient s'expliquer d'après moi que par des talents que l'on exerce généralement que dans un cadre très privé et avec la bouche. Elle était bien plus haut que moi dans l'organigramme. Et, elle ne m'adressait jamais la parole à moins que le hasard ne nous fasse arriver à la même heure sur le parking, auquel cas pour éviter la gène pesante du télésiège, elle avait la bienveillance de m'adresser quelques mots : "on a pas eu d'hiver, hein ?". La météo a été inventée pour les gens qui n'ont rien à se dire.
Et un jour elle s'est mariée. L'idée du mariage ne me semble pas complètement ridicule, je conçois qu'on veuille s'habiller comme un vacherin pour sceller son engagement envers l'être cher devant un parterre de proches déguisés en pingouins. Je ne l'ai jamais pratiqué moi-même car ma moitié est franchement réfractaire. Et puis après dix ans de vie commune et deux enfants, je crois que nos proches sont bien conscients de notre engagement.
Sylvie Testud, elle, nous a TOUT fait ! A quarante balais, elle a osé la robe bustier blanche ! On a eu droit au mail groupé pour nous signifier qu'elle serait en congé pendant deux semaines parce qu'elle se mariait. Au retour de congé, on a eu droit au mail groupé avec les photos !! Je crois même qu'on a eu droit à un pot de remerciements parce qu'on l'avait félicité. Et puis on a cru que c'était fini, mais non car maintenant il fallait qu'elle change de nom !
Déjà, j'ai un gros problème avec le concept même de changement de nom : pourquoi après s'être appelée Machine pendant 10, 30 ou 40 ans, le fait de se marier doit-il amener un femme à changer de nom pour Bidule ? (bon à moins que au lieu de Machine, on s'appelle Coucouille, là je comprends). Je rentrerai bien dans les détails de ce que j'en pense en terme d'aliénation de la femme par son mari, mais vous allez penser que je suis féministe et après personne ne voudra plus lire mon blog.
Donc Sylvie Testud a changé de nom pour s'appeler Sylvie Vartan (pas de rapport avec la chanteuse non plus). Et quand on change de nom, il faut prévenir les gens : ses interlocuteurs internes et externes, le service informatique pour le nouvel email, le service du personnel, etc. ça en fait des coups de fils à passer ! ET dans un bureau paysager, on est sûr que tout le monde en profite et que personne, mais vraiment personne ne peut passer à côté de la nouvelle : "oui je me suis mariée, alors maintenant c'est VARTAN : V-A-R-T-A-N, oh oui c'était une fête merveilleuse, il a fait un temps magnifique et nous sommes allés aux Maldives en voyage de noce. Je suis tellement heureuse." Traduction : "oui j'ai cédé à la pression sociale, maintenant je porte le nom de mon mari à qui je dois fidélité et obéissance et on a vraiment plein de sous".
Mmmouff... elle a divorcé ...