Assez !!

Laissez-moi tranquille ! Tout ce que je demande c'est être peinarde dans ma cuisine ! Et puis gagner beaucoup d'argent, que la maison soit toujours propre, que mes enfant soient toujours tirés à quatre épingles. Et aussi bien-sûr la paix dans le monde.

28 février 2009

De la couleur des rognons

Figurez-vous que cette semaine, les porcs n'avaient pas de pieds.
En ce début de Carème, j'étais fermement décidée à cuisiner des Croustillants de Pieds de Porc.

Impossible de trouver des pieds de porcs ! J'ai parcouru la ville en tous sens m'arrêtant dans la plus petite échoppe et dans le plus grand hypermarché : NADA.
Donc en ce début de Carème, on va se faire des tartines de saindoux.

En revanche, au rayon Abats, on trouvait des Rognons Blancs.

Vous savez c'est quoi des Rognons Blancs ?

Si vous ne savez pas c'est quoi, Zamilecteur, c'est que vous n'en avez jamais vu. Car leur apparence n'est absolument pas trompeuse. Un peu comme de la langue, quand vous voyez de la langue sur un étal, immédiatement, vous savez que c'est de la langue et pas un kiwi.

Moi, je savais ce que c'est parce que Kirikou m'a introduit aux Rognons Blancs de sangli il y a bien longtemps.

Plusieurs avantages à être ami avec un chasseur (même si pou la la, la chasse, c'est mal)

  • vous mangez de la viande que plus bio c'est impossible, et que plus d'à côté de chez vous c'est pas possible non plus,
  • le répertoire des blagues salaces à faire à un chasseur est pratiquement illimité : "et il est gros ton fusil ?" "et tu l'astiques souvent ton gros fusil ?" " et tu tires combien de coups avec ton gros fusil?". Bon, il faut quand même être très ami avec, hein ? Par exemple, le père de Kirikou, ça me viendrait pas à l'idée de lui demander si son canon tordu ça le gène pour tirer.
  • vous savez c'est quoi des rognons blancs et ça vous évite de vous exclamer au beau milieu du supermaché : " Ah ! Bah des Rognons Blancs ce sont des couilles en fait !!!"

Oui parce que des Rognons Blancs, ce sont des couilles... enfin des testicules... enfin ... des couilles ... enfin ... des testicouilles.

C'est sûr que Rognons Blancs, ça fait carrément plus chic que Couille.

Bon, et au supermarché, les rognons blancs étaient vendus par trois.

Bah moi, ça me fait rire.

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09 novembre 2008

La salade au lard : de la nourriture réconfortante ...

basilLe mois dernier dans Assez2008, Tobette a perdu la moitié de ces lecteurs masculins en décrivant avec précision la naissance de sa fille Première. Va t-elle chercher à les reconquérir en parlant football ?

J'ai regardé les feuilles rouges

Elles tombaient

J'ai regardé les feuilles jaunes

Elles volaient

J'ai regardé les feuilles brunes

Que le vent poussait

Rouge, jaune, brune

Chacune dansait.

C'est beau, hein ? C'est la poésie d'automne de Première de cette année.

Coincée entre la poésie de la rentrée qui parle de la plage et de la mer et celle d'Halloween avec sorcières et citrouilles, qui remarque la poésie d'automne, hein, qui ?

Moi.

Et pourquoi ?

Parce que j'aime l'automne. c'est une de mes 4 saisons préférées.

Bon attention, les amis, je vais être un peu bucolique

J'adore observer la magie de la végétation qui se prépare à son hibernation. Les feuilles qui passent par tous les tons de jaunes, de rouges. Et qui finissent par tomber : ploup! ploup! ploup!

J'adore le printemps aussi ...

Le printemps c'est encore plus fort. On est encore tous à se plaindre qu'il fait froid, qu'il pleut, pou la la ma petite dame. Et un matin, hop ! les perce-neiges sont sortis ! Nous humains, on ne s'est rendu compte de rien, mais le bulbe de perce-neige, lui, il sait que c'est le printemps ! Trop fort ! Le bulbe de perce-neige, il attends pas que Joël Collado annonce l'arrivée du printemps ! IL SAIT avant Joël Collado !

Chaque année, je suis bluffée. CHAQUE ANNEE je dis : "tiens ça y est un perce-neige" et CHAQUE ANNEE, ça me prend par surprise !


Mais enfin, en attendant, la végétation s'apprête à piquer un bon gros roupillon bien mérité ... et c'est cool.

C'est cool parce qu'avec le refroidissement des températures, on peut cuisiner des trucs qu'on hésite à cuisiner au printemps et en été.


Un jour, j'ai été invitée à manger une raclette un 14 juillet ... en sortant de chez mes hôtes, j'ai juré solennellement sur la tombe de Jean-Pierre Coffe de respecter les saisons quand je cuisine.


Oui parce que je vous rappelle quand même qu'il s'agit d'un blog culinaire ...


Les anglais ont un mot pour décrire ce genre de nourriture qu'on cuisine quand il fait froid dehors. Les ragouts, les pot-au-feu qui mijotent pendant des heures. Ils appellent ça de la Comfort Food. Il n'y a pas vraiment de traduction littérale de Comfort Food mais je trouve que le mot Comfort food évoque à la fois :

  • le confort qu'il y a à la cuisiner parce qu'il s'agit de cuisine facile et peu chère,
  • le fait que il s'agit de nourriture qui réchauffe quand le temps est froid et pluvieux. Et on est bien au chaud chez soi avec ceux qu'on aime et slurp ! slurp !

Alors, si vous me trouvez un mot pour décrire tout ça, je vous paie un coup à boire.

On parle aussi de cuisine ménagère, mais vous avouerez que ça n'évoque pas tout à fait la même chose.

Menu spécial comfort food :

  • Terrine de lapin avec des cornichons
  • Ragoût de mouton et purée de pomme de terre maison
  • Mousse au chocolat maison aussi sinon ça ne ressemble à rien.

Menu Spécial Cuisine Ménagère :

  • Terrine de fer à repasser aux petits oignons
  • Tranche d'aspirateur et son eau de vaisselle
  • Serpillère à la fève Tonka

Enfin bref ...

Je vous livre aujourd'hui une recette de comfort food qui vaut des points tant par sa simplicité que par les petits bruits de contentement de vos convives quand ils la dégusteront : La Salade au Lard.

Forcement, si ce soir-là, vous recevez la reine d'Angleterre à dîner, vous aurez le bon goût d'opter pour une entrée un peu chic (tartines de rillettes, sardines à l'huiles, etc.).

Enfin bref la salade au lard.

La salade au lard est un plat ardennais et en l'écrivant je me demande bien pourquoi le correcteur orthographique de mon ordinateur ne connaît pas le mot Ardennais ...

On recommence :

La salade au lard est une spécialité des Ardennes ... les Ardennes, charmant département du nord est de la France qui a vu grandir Rimbaud, Docteur Queen et Kirikou. Les Ardennes d'où était originaire la famille de Verlaine.

A l'occasion du centcinquantaineaire de la  naissance de Verlaine, Bob a vu à la télé une interview du maire du patelin perdu des Ardennes d'où le génial poète était originaire. A la question : "pourquoi  n'y a-t-il pas un musée Paul Verlaine dans votre ville ?", Monsieur le Maire a répondu : " quoi ! faire un musée pour un pédé alcoolique ?"

Enfin bref ... la salade au lard :

Faites cuire des pommes de terre dans de l'eau (salée, pas salée ? chacun fait bien comme il veut, hein, on ne va se chipouiller pour ça).
Une fois qu'elles sont cuites, on les égoutte et on se sert l'apéro.
Faites cuire des lardons dans une bonne vieille cocotte, ajouter un ou deux oignons coupés émincés. Laisser ça cuire doucement puis une fois que les oignons sont tendres ajouter les pommes de terre cuites coupée en rondelles.
On mélange bien. Et on ajoute de la salade (de la laitue, de la scarole, de la salade quoi !), pas trop parce qu'on est pas des canards (sauf mon père bien sûr). Du poivre, du sel, ça va sans dire vous n'êtes pas débiles. Et un demi-verre de vinaigre (encore une fois, vu que Verlaine ne nous a pas donné sa recette dans les fleur du mal, on met le vinaigre qu'on veut).
On laisse encore un peu cuire histoire que tout ça se mélange bien.

Et voilà, on amène la cocotte à table !

Pour une occasion spéciale, vous pouvez remplacer les lardons par de la saucisse de Morteau ainsi que le fait Madame Ponpon.

Et comme dit Kirikou, la salade au lard, ça ne fait pas grossir, c'est de la salade.



 

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27 juillet 2008

ça m'énerve !!!

maman_gateau_chocolatPas de recettes aujourd'hui mais un coup de gueule : AAARRRRRGGGHHHH !!!
Je tiens à profiter de la tribune qui m'est offerte pour pousser un appel au secours aux grands groupes de lindustrie agro-alimentaires : AU SECOURS !!!

Avant même d'aimer faire la cuisine, j'aime le concept même de cuisiner, écrire, peindre, tricoter, broder, etc. C'est-à-dire partir d'éléments bruts et les transformer en quelque chose de bon ou de beau parfois même les deux.

Première, a bien compris le concept et m'a demandé cette semaine pourquoi on achète de la farine et pourquoi on n'achète pas du blé qu'on transformerait nous-mêmes en farine. Et même pourquoi on n'a pas un champ où on ferait pousser notre propre blé ? ...bin voyons, je n'arrive pas à faire pousser l'hortensia devant la maison, et je vais me lancer dans la céréaliculture !

Toujours est-il que, quand je cuisine, j'aime bien partir d'ingrédients les moins transformés possible (sans toutefois acheter une moissonneuse batteuse, un moulin, un marais salant et tout le toutim).

Donc personnellement, je préfère ouvrir un Savane que de faire un gâteau Bonne Maman : je l'ouvre, je verse la pâte dans le moule et je mets au four. Je tiens ici à signaler que ce n'est pas une critique envers ceux et celles qui achètent les dits gâteaux. Je prends des pincettes parce que je sais que certains lecteurs de ce blog le font et bon je l'aime bien ce blog mais je ne veux pas non plus y perdre mes amis, hein ? C'est juste que MOI je suis comme ça, je peux comprendre que les gens utilisent ce genre de produits parce que c'est rapide et tout et tout mais MOI je ne le fais pas ... hein ... ok ... on est d'accord ...

Toujours est-il que j'ai goûté plusieurs de ces préparation toutes faites : je mets les oeufs ou je ne mets pas les oeufs, et aussi les farines à pain et aussi récemment un préparation pour pain d'épice et un Tiramisu.

Je prends l'exemple du Tiramisu et j'en profite pour vous avouer que je vous ai (un peu) menti dans certains de mes posts précédents.

En fait, je cuisinais un peu avant l'histoire de la Béchamel ....

pardon ...
pardon ...
pardon...

ami lecteur, non ne t'en va pas ... reste encore un peu, au moins jusqu'à la fin de ce message, et puis après tu fais ce que tu veux ... tu pourras prendre un peu le temps de réfléchir jusqu'à la semaine prochaine ... réfléchir à nous deux ... hein, reste encore un peu... ce n'est pas un gros mensonge ... je te jure que je ne le referai plus ...

Je ne faisais que des gâteaux et donc des Tiramisus ... Mamankejam, Papakejem et Tonton le tueur sont très très très gourmands et j'espérais ainsi m'attirer un peu leur attention, et pourquoi pas, leur amour ...

enfin c'est ce que dit mon psy. Il est payé assez cher pour que je le laisse croire qu'il a raison mais personnellement, je crois que c'est à ce prix seulement que Mamankejem acceptait que je salisse sa cuisine. Trois jours de ménage pour une blanquette ... hors de question ! Pour un Tiramisu en revanche ...

Les moins jeunes d'entre nous se souviennent d'un temps où les Tiramisus ne courraient pas les rues ... on ne trouvait pas de yaourt au Tiramisu, de danette au Tiramisu, de liquide vaisselle au Tiramisu, pas même de Tiramisu chez le patissier. Il était impossible aussi à cette époque d'aller sur internet et de trouver 177 000 recettes de Tiramisu en 6 secondes, enfin sauf si on travaillait à la CIA, mais je ne connaissais par encore Bob. A ceux qui ne se souviennent pas de ce temps-là, je demande de ne pas trop la ramener, de monter immédiatement dans leur chambre et de réviser un peu leur Sylvie Vartan ...

Enfin, toujours est-il que j'avais dégoter une recette de Tiramisu quelque part et je faisais des Tiramisus, des Tiramisu et des Tiramisus (café-Amaretto, Ananas-Cointreau, Fraises-Cointreau, crevette-chocolat, clémentine-concombre, etc.)

Tout ça pour dire que les Tiramisus, je maîtrise.

Il y a quelques semaines, nous avons été invités nos copains-voisins-qui-déménagent-snif avec un autre couple. En dessert Tiramisu à partir de préparation pour Tiramisu.

Bah c'était bon, ça m'énerve, c'est indescriptible comme ça m'énerve ...

Ce n'est pas exactement, du Tiramisu, mais ce n'est pas mauvais.

ça m'agace ...

Une semaine plus tard Madame Kirikou nous fait un pain d'épice à partir de préparation pour pain d'épice...

encore bon ...

hou la la ! ça m'énerve ...

Aujourd'hui, je lance donc un appel solennel aux grands groupes agroalimentaires qui fabriquent ces produits : est-ce que vous pourriez faire en sorte que ce soit un peu dégueu, juste parce que hein, bon, ça m'énerve. On pourrait fixer une limite, prendre le Tang comme référence par exemple : les préparations pour Tiramisu doivent être au Tiramisu ce que le Tang est au jus d'orange.

... Sans réponse de votre part, je me verrai dans l'obligation de contacter le Président de la République.

PS pour les plus jeunes qui sont déjà redescendu de leur chambre, le Tang c'est une poudre orange qui, mélangée à de l'eau, donne la boisson aux oranges des distributeurs de station d'autoroute et d'hôpitaux. Quand j'étais petite, le grand public pouvait acheter des sachets de cette poudre magique au supermarché. Curieusement, ça n'a rencontré un succès énorme.

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26 juin 2008

Gougère à la sauge et aux pignons (suite)

goug_resTous les vendredi soir c'était donc diner chez les jeunes vieux avec Boule, son frère et quelques autres. A part les deux époux, nous étions tous étudiants, et nos hôtes jouaient au Papa et à la Maman avec nous. Ils nous demandaient les résultats de nos partiels et nous prodiguaient des conseils sur notre vie amoureuse, certains amenaient même leur linge sale ! (je vous jure que c'est vrai). Et Papa et Maman nous recevaient tout en étalant leur bonheur conjugal : Madame préparait le diner à la cuisine pendant que Monsieur buvait l'apéro vautré sur le canapé : la félicité domestique.
La première fois donc que j'ai participé à un de ces diners hebdomadaires, comme une bonne gamine que je suis, je suis allée proposer mes services à Bobonne à la cuisine. Style : "tu as besoin d'aide ?", il me semble que dans cette situation, une maîtresse de maison digne de ce nom répond : "non, non t'inquiéte, va au salon boire l'apéro j'en ai pour une seconde", ou alors "non prends donc un Ferrerro rocher" si c'est une réception de l'ambassadeur. Bon bin là elle m'a dit : "oui je veux bien que tu fasses une béchamel".

MMMERRRRDDEEEE !!!! La mouise !! J'ai donc été obligée d'avouer à Pouffiasse que, non seulement je ne savais pas faire la béchamel mais j'ignorais même jusqu'à l'existence de la béchamel.
Je vous épargnerai la description des quelques minutes qui ont suivi qui ont été parmi les plus humiliantes de ma vie. Déjà, j'ai du lui expliquer que non Mamakejem n'était pas la mère irresponsable et démissionnaire qu'elle me décrivait. ("t'arrête de dire du mal de ma mère sinon je balance dans les toilettes ton bouquet de mariage séché qui trône au dessus de ta télé" c'est ça que j'aurai du lui dire.) Ensuite, elle m'a raconté comment elle avait rencontré l'autre abruti, comment il l'a demandée en mariage et surtout comment avant même qu'elle rencontre sa future belle-mère, celle-ci a demandé à son fiston "j'espère qu'elle sait faire la cuisine ?". J'imagine qu'avant le mariage elle a du passer toute une série de test pour vérifier qu'elle savait passer l'aspirateur et repasser les chemises et qu'elle n'était pas stérile. Toutes ces choses dont une maman se soucie avant de choisir sa future bru.

Enfin à toute chose malheur est bon, et maintenant je sais faire la béchamel (de vous à moi, elle ne m'a même pas fait mettre de muscade dans sa béchamel ... alors excusez-moi mais c'est pas la peine de la ramener avec ses talents de cuisinière pour pas mettre de muscade dans la béchamel ...).
Après cette soirée, on m'a moins vue chez l'ambassadeur. Parce qu'entre temps, une épicerie italienne avait ouvert à côté de chez Papakejem et Mamankejem et le vendredi du coup, c'était pizza à la maison. Et puis Mamankejem aussi, elle me lavait mon linge.

Allez trêve de discutailles : je vous donne un TRUC pour toute les préparations pour lesquelles on doit faire fondre du beurre. L'idée est venue d'une recette de Jamie Oliver : le beurre à la sauge.
Vous faites fondre du beurre et quand il commence à chanter vous y ajoutez quelques feuilles de sauge ciselées. La sauge va alors très rapidement infuser dans le beurre. Très simplement vous pouvez utiliser ce beurre pour parfumer des pâtes (il s'agit d'une version un peu plus sophistiquée de mes nouilles au beurre), des gnocchis (c'est ce que fait Jamie).
Et en procédant de la même façon, vous pouvez parfumer la béchamel (mais pas de blague, hein, on met quand même de la muscade !)

Gougères à la sauge et aux pignons : il y a moultes recettes de gougères sur le waibe par exemple . Vous ajoutez simplement quelques feuilles de sauge dans le beurre qui chante avant d'ajouter la farine. Vous faites griller 80-100 g de pignons puis vous les hacher grossièrement ("saloperie de pignons à la con" marche assez bien) Puis vous les ajouter à la pâte à gougère après les oeufs. Et hop !

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25 juin 2008

Gougères à la sauge et aux pignons et ma première béchamel

Vous savez donc maintenant vous qui êtes attentifs à ce que je raconte (c'est pas comme Bob mais enfin bon on n'est pas là pour régler nos comptes, hein, d'autant que Bob écoute toujours ce que je dis sinon je le tape), vous savez donc que jusqu'à 20 ans, je ne cuisinais rien ou presque. Je me rendais bien compte qu'il y avait un autre monde où la cuisine ne se résumait pas aux nouilles au beurre, mais c'était un monde inaccessible.
Il y avait Joël Robuchon à la télé, mais le générique et les couleurs du plateau inspiré directement d'un emballage de gel à cheveux de 1987 me donnait plus envie de vomir que de me lancer dans la grande cuisine. Je tiens à signaler ici qu'on était déjà dans les années 90 à l'époque !
Un jour j'ai vécu une expérience incroyable, chez ma copine Karo. Sa soeur a fait des moules marinières. Un vaisseau spatial aurait atterri dans le jardin et E.T. serait descendu en me disant que j'étais le messie de son peuple à l'autre bout de l'univers, je n'aurais pas été plus subjuguée. La vache ! des moules marinières !!! Depuis, je fais aussi les moules marinières et je me dis qu'être le messie d'un peuple extra terrestre ça doit être pas mal non plus. hein ? quand même ? ça le fait, non ? messie ... de yien ...
Enfin bref, un jour, j'ai commencé à fréquenter un garçon, comme aurait dit ma chère petite Grand-Mère. Nous allons appeler ce garçon Boule, bien qu'à ma connaissance il n'ait jamais eu de Cocker. Boule était plus âgé que moi, bon ce n'est pas non plus comme s'il avait pu être le père de Rika Zaraï : j'avais 20 ans, il en avait 24.   
Quand on fréquente quelqu'un, on est plus ou moins obligé de faire copain-copain avec ses amis (sauf avec Bob qui n'a pas d'amis).
Ce n'est pas le cas pour tous les jeunes de 20 ans, mais mes 20 ans à moi ont consisté en :

  • faire la fête des études,
  • travailler le minimum pour réussir mes études afin que Papakejem et Mamankejem n'aient pas à mentir quand ils parlaient de moi à leurs amis : "oui alors en fait Tobette, elle aurait pu rentrer à polytechnique mais elle a préféré faire son DEUG en 5 ans à la place",
  • boire des canons rencontrer des gens,
  • répondre à des questions existentielles comme : "à quoi je sers ?", "qu'est-ce que je vais faire de ma vie ?", "est-ce que je vais en cours ce matin ?", "où peut-on trouver les bières les moins chères de la ville ?" et enfin : "y aura-t-il des frites au RU ce midi ?"
  • et aussi m'assurer qu'il y avait bien des nouilles dans le placard pour Kirikou.

A 20 ans, j'étais pleine d'illusions, je voulais :

  • lutter pour la paix dans le monde,
  • voyager dans le monde entier,
  • aider les p'tits enfants,
  • apprendre à lire au frère de Boule,
  • apprendre à chanter à Papakejem.

Les amis de Boule avaient 24 ans, voire plus. Il y avait notamment ce couple, lui 28 ans, elle 24, mariés, tous les deux dans la vie active, vivant à quelques mètres du campus où ils avaient fait leurs études, où ils s'étaient rencontré, où lui travaillait et où ils se seraient peut-être mariés si le doyen avait été curé mais dans une fac de sciences, c'est rare. Ils habitaient un appartement avec plusieurs pièces et un chien. Et Boule était invité à dîner chez eux tous les vendredis soirs. Pas le jeudi, pas le mardi, le vendredi. Alors, pour le coup, j'étais chez les extra-terrestres et je n'étais pas le messie.
Cette fille avait été au lycée avec mon Bob, ils n'étaient pas amis, Bob il sentait un peu trop le fils d'ouvrier, toujours est-il que quelques jours après les résultats du Bac, ils se sont croisés sur le Campus de la fac et elle l'a présenté à sa mère avec ces mots : "Maman, je te présente Bob qui a eu le bac avec mention Bien". Bien sûr, je n'ai connu cette anecdote que des années plus tard mais elle illustre bien la personnalité de la pouffiasse et en plus je place discretos que Bob a eu son bac avec une mention Bien et ça, ça va lui faire plaisir (lui qui pensait que ce blog n'était qu'une perte de temps !!).
Enfin bref, leur vie était très bien réglée, ils étaient très attachés aux traditions et aux apparences. et moi encore aujourd'hui ça me passe au dessus, alors vous imaginez à l'époque ...!!
C'est tout le temps pareil, je commence un post en me disant, oh celui-là il va être court, juste l'histoire de ma première béchamel, la recette des gougères et c'est fini. Et je me retrouve à vous raconter des histoires d'extra-terrestre et à parler du bac de Bob (qu'il a eu avec mention Bien).
Il est tard maintenant alors je vais aller me coucher, promis je vous raconterai la suite demain.

Vous pouvez lire la suite de cette passionnante histoire ici.


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19 juin 2008

Punch de Trinidad : citron vert et muscade

punchJe dois tout à mes parents. D'ailleurs, le jour où je gagnerai l'Oscar de la meilleure actrice pour ma performance dans un Blockbuster, c'est exactement ce que je dirai :"il y a tant de gens que je dois remercier pour ce qui m'arrive aujourd'hui mais surtout surtout je veux remercier mes parents ! Mum, Dad I love you !". (je suis embêtée pour aller chercher cet Oscar parce que je déteste prendre l'avion, je me demande s'ils ne voudraient exceptionnellement déplacer la cérémonie à Paris, ou peut-être même à Meaux parce que je n'aime pas non plus prendre le RER le soir).
Vous allez me dire "pourquoi un oscar, pourquoi pas un césar ?". Franchement tout le monde s'en cogne des césars. Moi je veux la gloire la vraie, celle qui vous fait habiter à Malibu et fréquenter Gwyneth Paltrow (d'ici là il va falloir que je découvre comment on prononce son nom). Et pour rendre mon Oscar encore plus retentissant, je commence à dire à la première occasion, que non, les américains n'ont pas inventé le hamburger, non les américains n'ont pas gagné la seconde guerre mondiale, les américains n'ont pas découvert l'Amérique, franchement de vous à moi je me demande même si les américains existent.

Enfin bref ...

Je dois donc tout à mes parents; ils m'ont appris les bonnes manières, l'auto-dérision, et ils m'ont aussi munie d'une bonne dose d'esprit critique. (Mamankejem a aussi à une époque essayé de m'apprendre les secrets du ménage, mais c'était trop tard : conseil aux mamans qui me lisent, il faut apprendre d'abord le ménage et seulement après l'esprit critique sinon c'est difficile et parfois, la mayonnaise ne prend pas).
En revanche en ce qui concerne la cuisine : nada. A l'heure où les petites filles apprennent les recettes que leur mères tiennent de leur mère, moi je regardais Récré A2.
Et un jour, j'ai eu assez de ce régime de boîtes de conserve et de plats cuisinés, alors j'ai décidé de quitter la maison de mes parents ! Comme çà ! La fille rebelle quoi ! il se trouve que cette période correspond opportunément à l'époque où j'ai eu mon bac et où mes parents m'ont payé des études dans la grande ville tentaculaire. Ca tombait bien.
Et pendant quelques années, j'ai vécu du seul plat que je savais cuisiner : les nouilles au beurre. En licence,  je colocationnais avec un garçon que nous allons appeler Kirikou - pas parce qu'il est petit noir et qu'il a toujours le zizi à l'air, mais plutôt à cause des bêtes sauvages. Kirikou était en prépa, et je pense que sa réussite aux concours est en grande partie due à tous ces sucres lents qu'il a ingurgités pendant un an. Et d'ailleurs quand il sera Ministre de l'Agriculture, j'espère qu'il s'en souviendra et qu'il me filera le mérite agricole.

Toujours est-il qu'étudiante, je ne me suis pas lancée tout de suite à cuisiner des sangliers à la broche et des cookies aux M&M's. Il y a un temps pour tout dans la vie. Et quand on est étudiant, le plus important n'est pas de savoir faire à manger. C'est de savoir boire.

Voici donc un cocktail simplissime et délicieux. Et en plus très facile à retenir pour peu que vous causiez trois mots d'anglais :

one of sour                                 
two of sweet                              
three of strong                           
four of weak

1 mesure de jus de citron vert
2 mesures de sirop de sucre
3 mesures de rhum blanc
4 mesures de glace pilée

La touche finale : vous râpez un peu de muscade sur le dessus.

 




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